Pourquoi le microcrédit ?

Phénomène multidimensionnel, la pauvreté est souvent réduite à la seule dimension monétaire ou à un ensemble de facteurs englobés dans un tout, la privation des biens fondamentaux que sont le revenu, l’éducation, la santé et la nutrition. Une des conséquences perceptibles de l’état de pauvreté dans les pays du Sud est le faible taux de bancarisation, signe d’une forte exclusion bancaire.

 

Cette exclusion bancaire, en tant que conséquence de la pauvreté autant que cause de celle-ci, reproduit un cercle vicieux d’extrême pauvreté. Dans le Monde, 3 Milliards de personnes sont exclues de tout le système financier et sont considérées comme « non bancables ». Parmi ces 3 milliards, 150 millions de personnes ont bénéficié du microcrédit, en une quarantaine d’années d’existence. Bien qu’il ne faille pas négliger l’impact du microcrédit sur ces 2% de l’humanité, il convient de noter que son potentiel de développement est encore immense.

Pourquoi le Microcrédit au TOGO?

Le phénomène d’exclusion bancaire s’exprime pleinement au Togo, où moins de 5% de la population détient un compte bancaire. En cause : le coût d’ouverture et de gestion d’un compte bancaire, et la réticence des banques à prêter aux plus pauvres. C’est ainsi que la quasi-totalité (plus de 99%) des microstructures de production, présentes pour la plupart dans le secteur qualifié d’informel, ne bénéficient pas d’un financement bancaire. Pourtant, ces microstructures créent chaque année une valeur ajoutée estimée à plus du tiers de la richesse du pays. Environ 60 % des acteurs du secteur informel expriment un besoin crucial d’accès au crédit.

 

La mise en place d’une autre possibilité de financement doit aider à la création des activités génératrices de revenu et d’emploi ainsi qu'à la lutte contre la pauvreté au Togo. Aujourd’hui, le secteur du microcrédit connaît une évolution croissante et occupe une place importante dans la sphère de l’intermédiation financière au Togo. Pourtant, de nombreuses femmes togolaises ne peuvent être éligibles au montant du crédit qu’elles sollicitent, jugé trop faible et ne rentrant pas dans la stratégie de croissance des instituts de micro finance (IMF) dans le pays. Il nous importe de ne pas nous concentrer sur les crédits de montant élevé, et au contraire de considérer que tout crédit peut être porteur de développement économique et social pour celui qui souhaite en bénéficier.

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