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Témoignages de bénéficiaires

Dans le quartier d'Assiko, à Lomé, un groupe de 18 femmes, toutes bénéficiaires de IADES, ont pris de le temps de répondre à quelques questions.

Parmi les femmes interrogées :  Abotsi Yawa (la directrice du groupe), Dzaka Yawa, Akpan Mama, Akoe Yawa, Gakpana Afi, Apawou Yawavi, Sokegbe Mawussi et Douvon Ayawa.

1) Concrètement, comment le prêt a servi à développer votre entreprise ? Qu'est-ce que cela a changé dans votre vie quotidienne ?

Abotsi Yawa : J'ai vraiment constaté un changement dans ma vie, par l'ajout d'autres activités. Au début, je ne vendais que de l'arachide. Après un crédit à 100 000 francs CFA, j'ai pu vendre des pagnes, des bazins et des perles. Après un crédit à 300 000, j'ai pu acheter le foufoumix (machine à pétrir la pâte) pour cuisiner et vendre le foufou. J'ai pu faire grossir mon activité. Tout ce que je peux faire, je le fais. Il y a donc une réelle évolution dans nos vies quotidiennes, et dans mon activité en général.

Dzaka Yawa : Lors du premier prêt, j'ai pris 30 000. Cela m'a vraiment aidé à débuter avec la vente de condiments et épices. Après 60 000, j'ai pu commercer les pagnes traditionnels. Et après 80 000, la cuisine de goumgoumbè (plat traditionnel togolais, sous forme de bouillie fait à base maïs)

Akpan Mama : Je suis coiffeuse et viens d'arriver à IADES récemment, et j'ai pris 50 000 pour développer mon activité de mèches et de tissage de cheveux. C'est encore le début.

Gakpana Afi : La première fois, j'ai pris 30 000 pour vendre des perles. Ensuite, j'ai augmenté à 50 000, pour des pagnes et des chaussures. Dans ma vie quotidienne, les bénéfices dus à l'évolution de mon activité ont pu aider ma fille à payer sa formation pour devenir tresseuse.

Sokegbe Mawussi : J'ai également pu payer l'école de ma fille.

Akoe Yawa : J'ai pu commander plus de sac de charbon, et approvisionner le stock plus efficacement.

2) Avez-vous plus l'impression d'être face à une banque ou une ONG ?

Abotsi Yawa : Nous avons plutôt l'impression d'être dans une association, car les banques ne proposent pas de formations.

3) Qu'est-ce qui caractérise IADES des autres instituts de microfinance au Togo ?

IADES propose moins de formations techniques, comme par exemple l'élevage.  Par contre, par rapport à d'autres ONG, IADES est plus tolérante envers les remboursements, qui peuvent être définis sur un plus long terme en cas de problème.  Il y a une réelle compréhension de l'équipe face à la difficulté de notre situation.

4) Quelle est l'intérêt d'être en groupe ?

Abotsi Yawa : Nous sommes 18, on s'entraide, et on se conseille entre femmes. Si l'activité de l'une de nous n'évolue pas, on s'y consacre ensemble. Pour les déplacements, c'est également plus simple. En réalité, les formations nous ont réunies au même lieu et nous ont donné envie de motiver nos amies à intégrer IADES.  Le groupe s'est agrandi de cette façon, et ainsi de suite. 

4-bis) D'ailleurs, savez-vous que statistiquement, les femmes remboursent mieux le crédit que les hommes? 

Bien sûr. Franchement, c'est le cas ici.

5) Quelle est la formation proposée par IADES qui vous a le plus appris ?

Abotsi Yawa : Ce qui m'a le plus aidé est d'apprendre comment ne pas mélanger toutes mes activités et ne pas tout faire en même temps, comment faire son étalage, comment exposer le produit et accueillir le client pour pouvoir bien vendre... c'est-à-dire garder une certaine cohérence, et connaître le marketing.

Dzaka Yawa : J'ai aimé "Comment gérer son capital" pour savoir gérer son activité et ne pas perdre tout le crédit en dépenses qui ne vont rien nous rapporter par la suite, grâce à ça, j'ai su gérer l'argent de IADES.

Akpan Mama : "Comment ne pas vendre à crédit" pour ne pas avoir de la dette, car certains ne pouvaient pas me rembourser. 

Akoe Yawa : Les formations qui m'ont vraiment aidé sont surtout celles sur la vente, les entretiens, l'accueil, la gestion, et comment protéger son activité face aux risques.

6) Où vous voyez-vous dans 5 ans ? Avez-vous des projets d'avenir ?

Abotsi Yawa : Je souhaite créer une entreprise de fabrication d'huile de palmiste pour aider des femmes.

Akoe Yawa : Je souhaiterais avoir un emplacement fixe pour ma boutique, pour ne plus avoir à transporter le sceau sur ma tête.

Apawou Yawavi : Élargir le salon de coiffure, et ajouter des cosmétiques et des pagnes. J'aimerais un jour aller en France.

Note : La plupart des femmes répondent qu'elles aimeraient pouvoir se payer un terrain pour leurs commerces, étant donné qu'elles souffrent de devoir transporter les marchandises à longueur de journée... Ce quartier étant à plusieurs kilomètre de notre siège en milieu urbain, elles aimeraient également que IADES puisse assez se développer pour posséder un siège proche de chez elles, car les déplacements à l'office principal sont compliqués financièrement, et peuvent leur faire perdre un temps précieux.

C'est avec beaucoup de rire et d'enthousiasme que s'est passé cette interview, malgré la barrière de la langue. C'est sur des chants et des danses typiques togolaises que l'on se quitte, avec ces femmes souriantes ayant toujours une énergie positive et communicative à partager malgré la difficulté de leur situation.




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